Question 53 : Quelles sont les différences essentielles entre les théories classiques et keynésiennes ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Question 53 : Quelles sont les différences essentielles entre les théories classiques et keynésiennes ?

Message par JULIE T le Dim 21 Fév - 21:01

Introduction

L’économie est une science humaine qui étudie la façon dont les individus ou les sociétés utilisent leurs ressources pour satisfaire leurs besoins. La science économique permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons, à comprendre ce qu’il faut mettre en œuvre pour que rareté des richesses et besoins illimités des Hommes puissent être conjugués.
Cette science a été étudiée par différents économistes. Nous verrons ici, le courant classique qui a été développé lors de la révolution industrielle, entre la fin du XVIII è siècle et la première moitié du XIX è siècle et dont le système économique dominant est le capitalisme. Le pays pionnier est l’Angleterre et les chefs de cette pensée économique sont Adam SMITH (1723-1790), David RICARDO (1772-1823) et le Français, Jean-Baptiste SAY (1767-1832). En opposition à ce dernier, nous verrons le courant de John Maynard KEYNES (1883-1946) qui a été développé en réponse à la crise de 1929 aux Etats-Unis. Dans un deuxième temps, nous analyserons les conséquences de ces deux courants au sein de l’économie.


I – Les fondements ces deux théories

A) La théorie classique

C’est le courant du libéralisme économique. Selon SMITH, l’économie est régie selon un principe de régulation automatique qu’il nomme la « main invisible », autrement dit, la somme des intérêts individuels contribue à l’intérêt général, source de croissance. C’est le marché, seul, qui doit réguler l’activité économique ; ce qui limite le rôle de l’Etat aux fonctions régaliennes (police, armée, justice) ou d’intérêt général (santé, éducation).
La croissance trouve aussi son origine dans la division du travail. Les individus ont intérêt à se spécialiser pour augmenter leur productivité.
Aussi, Le courant prône le libre-échange avec la théorie des « avantages comparatifs » et des « avantages absolus » qui permet de gagner en productivité.
La loi des débouchés de SAY suppose que l’offre crée sa propre demande. En effet, la hausse de la production entraîne la hausse des salaires, la hausse du pouvoir d’achat et donc l’augmentation de la demande.
Dans la théorie classique, le chômage involontaire n'existe pas. En effet, une modulation du salaire horaire assure le ré-emploi des chômeurs. En outre, le besoin des travailleurs d'acheter des marchandises les encourage à accepter des emplois même à salaire horaire inférieur. La baisse du salaire permet l’égalisation de l’offre et la demande.

B) La théorie keynésienne

KEYNES est considéré comme le fondateur de la macroéconomie avec l’étude des comportements collectifs.
Il s’oppose à la loi des débouchés de SAY. L’offre est bien fixée par les entreprises mais en fonction du niveau de la demande effective. Pour lui, la croissance du pays dépend de la demande de biens et services que les entrepreneurs anticipent. Les chefs d’entreprise estiment ce qu’ils pensent pouvoir vendre et déterminent ensuite le niveau de la production et la quantité de travail nécessaire à cette production. Ainsi, le chômage est involontaire car il résulte d’une insuffisance de la demande effective. Ce sont les entreprises qui déterminent le niveau de l’emploi et non pas seulement le marché du travail comme le pensent les classiques.
L’Etat a un rôle primordial dans l’économie pour la réguler et conduire la politique budgétaire et monétaire. Son intervention est donc légitime.


Transition

Bien que différents, ces deux courants ont un rôle important dans la constitution de la croissance et les conséquences sur l’économie sont nombreuses.


II – Les conséquences sur l’économie

A) Sur la consommation

La consommation est l’acquisition de biens et services utilisés pour la satisfaction directe des besoins.
La théorie classique suppose que la hausse des salaires, née de la hausse de la production, permet d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages qui peuvent ainsi consommer
Selon KEYNES, plus le revenu augmente, plus la part consacrée à la consommation diminue ; autrement dit, les ménages épargnent une part constante de leur revenu au fur et à mesure que celui-ci augmente.
Sa politique de relance par l’imposition permet de favoriser la consommation en baissant la fiscalité des revenus. Imposition que l’Etat redresse quand le niveau de la demande effective est suffisant. Aussi, il propose une politique de redistribution (allocations chômage, allocations familiales), toujours dans le but de favoriser la consommation des ménages.

B) Sur l’investissement

L’investissement correspond à l’acquisition de nouveaux biens d’équipement pour augmenter ou améliorer durablement la production.
Pour les classiques, l’investissement est judicieux si le pays bénéficie d’un avantage absolu sur un produit.
Selon KEYNES, le moteur de la croissance est l’investissement. Le niveau de la demande effective a des conséquences positives sur l’économie puisqu’il détermine le niveau de la production des entreprises et aussi le niveau de l’emploi. Il ne peut y avoir de production sans investissement, moteur de rentabilité et de compétitivité.
Pour favoriser l’investissement, le rôle du taux d’intérêt et donc de la politique monétaire est primordial. En effet, les entreprises déterminent le niveau de leurs investissements en fonction du taux d’intérêt. S’il est faible, cela favorise l’investissement. Le taux de profit de cet investissement doit cependant être supérieur au taux d’intérêt puisque le but reste de dégager un bénéfice. KEYNES, lui-même, précise que la sensibilité des investissements aux variations des taux d’intérêt est assez faible. Une politique monétaire est indispensable mais pas suffisante pour relancer une économie. Une politique de relance par l’investissement permet de relancer la croissance. L’Etat doit se substituer aux entreprises en matière d’investissement et d’emploi. Il doit produire et embaucher lui-même, notamment à travers une politique productive, par exemple de grands travaux. La relance par l’investissement engendre un cercle vertueux de la croissance.

C) Sur l’épargne

L’épargne est la part des revenus qui n’est pas immédiatement consacrée à la consommation.
La loi des débouchés de SAY suppose que l’intégralité des revenus soit consommée et nie donc l’épargne.
Selon KEYNES, lorsque le revenu augmente, la part consacrée à l’épargne augmente plus vite. Le niveau de l’épargne dépend aussi du taux d’intérêt et donc de la politique monétaire. Les ménages déterminent le niveau de thésaurisation en fonction du taux d’intérêt. S’il est faible, cette thésaurisation (épargne détenue sous forme de monnaie) est réduite et les ménages épargnent.


Conclusion

Par conséquent et selon ces deux théories, soit ce sont des mesures dites libérales, qui visent à développer un cadre favorisant la liberté de chacun, dans le respect de règles de droit, et de laisser la vie économique se structurer d'elle même. Soit, il s'agit de stimuler l'économie par la dépense, par des grands travaux, par des allocations ou encore par le crédit.
Les théories issues du keynésianisme avec une politique de relance sont cependant critiquées car l’Etat-providence se heurte à différentes formes de limites : inflation, commerce international avec une demande reportée sur des biens étrangers, déficit public, épargne donc des revenus non alloués à la consommation. De même, la politique de rigueur des libéraux est souvent contestée : compression des dépenses publiques (Etat-gendarme, redistribution des revenus limitée), trop de concurrence, augmentation des taux directeurs impactant l’investissement.

JULIE T

Messages : 5
Date d'inscription : 21/02/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum