question 59 décrivez le rôle et la position des institutions internationales dans la libéralisation du commerce mondial

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

question 59 décrivez le rôle et la position des institutions internationales dans la libéralisation du commerce mondial

Message par sandrine le Dim 21 Fév - 16:23

Introduction:  


Un marché (de marchandises, du travail, de capitaux) ne peut fonctionner sans règles ni institutions. C’est la raison pour laquelle, dès 1944, au sortir de la Seconde guerre mondiale, les pays développés à économie de marché se sont entendus pour créer des organisations internationales chargées de définir des règles internationales dans leur domaine respectif. L’objectif était de remplacer l’ordre conflictuel du XIX et du début du XXe siècle (colonisation, guerres mondiales...) par un ordre négocié qui favorise un développement harmonieux et équitable des nations. Nous verrons dans un premier temps quelles sont ces organisations et comment elles fonctionnent puis dans un second temps leur position dans la libéralisation du commerce international.




I) ROLE DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES DANS LA LIBERALISATION DU COMMERCE INTERNATIONAL

Les rôles essentiels des organisations internationales dans la libéralisation du commerce international sont au nombre de deux: d’une part réduire les obstacles au libre échange et d’autre part d’intervenir en tant que préteur de deniers aux nations défavorisées.

A°) REDUIRE LES OBSTACLES AU LIBRE ECHANGE : LE ROLE DE L’OMC

C’est l’OMC qui est chargée de cette mission: après avoir vu son rôle nous verrons quelles sont ses pouvoirs.

1°) les fonctions l'Organisation Mondiale du Commerce

L’OMC : L'Organisation mondiale du commerce (OMC, ou World Trade Organization, WTO) est une organisation internationale qui s'occupe des règles régissant le commerce international entre les pays. Au cœur de l'organisation se trouvent les Accords de l'OMC, négociés et signés (à Marrakech en 1994) par la majeure partie des puissances commerciales du monde et ratifiés par leurs parlements. Le but est d'aider, par la réduction d'obstacles au libre-échange, les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités. L’OMC est donc le lieu de discussion entre les nations pour élaborer des accords qui vont réguler le commerce international ;
L’OMC a pour principal objectif d’établir des règles de concurrence « non faussée » entre les nations ce qui suppose l’extension du libre-échange à des domaines jusqu’ici préservés, partiellement ou totalement, de la concurrence (les biens agricoles, les services, la propriété intellectuelle) et ce qui implique l’élimination du protectionnisme non tarifaire (accès aux marchés, fin des subventions...).


Les fonctions de l'OMC sont :
- gérer les accords commerciaux multilatéraux ; 
- servir d'enceinte pour de nouvelles négociations ;
- régler les différends entre les membres ;
- examiner les politiques commerciales nationales (les législations nationales devront être conforme aux principes de l’O.M.C - harmonisation des réglementations dans les domaines de la propriété intellectuelle, des investissements directs, de l'agriculture -) ;
- coopérer avec les autres organismes internationaux (FMI, BIRD et ses filiales spécialisées) afin d'élaborer des politiques économiques au niveau mondial.


L’OMC est donc le lieu de discussion entre les nations pour élaborer des accords qui vont réguler le commerce international ;

2°) Ses pouvoirs

Mais la plus grande innovation est le pouvoir accru de l'OMC par rapport au GATT en ce qui concerne le règlement des différends commerciaux. 

en effet à la différence du GATT, cette organisation a un pouvoir d’arbitrage et de sanctions pour les pays qui ne jouent pas le jeu et ses compétences sont étendues aux services et à la propriété intellectuelle.
Auparavant, les différends étaient arbitrés par un groupe d'experts appelé panel. Pour devenir opérationnels, ces arbitrages (appelés recommandations) devaient être acceptés par l'ensemble des parties contractantes (règle du consensus). Dorénavant, les rapports des panels (3 experts non ressortissants des parties en présence) sont examinés par l'Organe de Règlement des Différends (ORD) regroupant les représentants de tous les pays membres et s'appliqueront automatiquement, sauf recours unanime de l'ORD. De plus des mesures de rétorsion pourront être prises à l'égard du pays récalcitrant. Toutefois, un examen en appel est possible auprès de l'organe d'appel composé de sept membres, dont trois siègent pour une affaire donnée. Le rapport d'appel est alors adopté par l'ORD et accepté sans conditions par les parties concernées, sauf refus unanime de l'ORD dans un délai de 30 jours.
exemple: en 1999, l’UE a été condamnée pour avoir favorisé l’importation de bananes des pays africains et caraïbes au détriment des bananes de l’Amérique centrale. Si le pays n’applique pas les recommandations, les sanctions prennent la forme d'une augmentation progressive des taxes sur un certain nombre de produits pour couvrir le préjudice estimé de la mesure.

Les deux autres institutions internationales que sont le FMI et la banque mondiale sont chargées quant à elles d’intervenir en tant que préteur de deniers pour les nations défavorisées.

B°) INTERVENIR EN TANT QUE PRETEUR DE DENIERS POUR LES NATIONS DEFAVORISEES

Deux organisations se partagent cette tâche: le FMI et La banque mondiale.

1°) LE FMI

Le FMI : le Fonds monétaire international a été créé en 1944 aux termes d'un accord signé lors de la conférence de Bretton Woods (Etats-Unis). Il a été fondé officiellement le 27 décembre 1945. Sa mission principale est d'assurer la stabilité du système monétaire et financier international en faisant des crédits aux pays qui ont un déficit important de leur balance des paiements courants et qui ont du mal à honorer le paiement de leurs échanges ou de leur dette. Le FMI est chargé de prévenir les crises et de les résoudre lorsqu'elles surviennent. Le FMI a donc trois objectifs :

- Faciliter l'expansion et la croissance équilibrées du commerce mondial en facilitant la circulation et la conversion des monnaies.
- Eviter les crises financières liées à un manque de capitaux provoqués par le déficit de la balance des transactions courantes.
Stabiliser les taux de change afin d’éviter des dévaluations ou des dépréciations compétitives qui faussent la concurrence.

Pour cela la FMI doit:

Evaluer, en principe, une fois par an, la situation économique et financière de chaque pays et attirer, au besoin, l'attention des autorités sur des dérives.
Constituer une caisse de financement. Chaque pays membre dispose d'une quote-part, calculée en fonction de sa place dans les échanges internationaux, qui détermine sa cotisation. Chaque membre doit acquitter au moins 25 % de sa quote-part en monnaie utilisée sur le marché des changes international (dollar, euro, yen) et le reste en monnaie nationale. A cela s’ajoute les intérêts reçus des prêts accordés par le FMI. Le FMI dispose d’une centaine de milliards de dollars pour intervenir.


Prêter aux pays qui ont des besoins de financement. Le niveau de la cotisation du pays donne droit à des tranches de crédit ("droits de tirage") libellées dans la monnaie de son choix, pour une période limitée, de façon à permettre à une banque centrale d'intervenir pour régler les échanges ou les dettes et maintenir le taux de change en vigueur.
Ces prêts ne se font qu’à la condition que le pays respecte les préconisations des « plans d’ajustement » du FMI. Le FMI demande aux pays déficitaires de mener des politiques d’austérité à court terme et de favoriser les lois du marché (privatisation, déréglementation) à long terme afin de devenir compétitif pour dégager des excédents commerciaux et rembourser la dette.




2°) LA BANQUE MONDIALE

Créée à Bretton Woods, a initialement porté ses efforts sur la reconstruction de l'Europe et du Japon d'après-guerre. Ensuite, elle a cherché à réduire le fossé qui existe entre les pays riches et les pays pauvres en utilisant les ressources des premiers pour assurer la croissance des seconds. Le terme « Banque mondiale » est utilisé pour désigner la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l'Association internationale de développement (IDA). Ces organisations accordent aux pays en développement des prêts assortis de faibles taux d'intérêt, des crédits ne portant pas intérêt et des dons.
L’IDA trouve ses ressources auprès des pays riches. Tous les quatre ans, une quarantaine de pays riches versent une contribution pour reconstituer les ressources nécessaires à ces financements. Un cinquième de l’argent est donné aux pays en développement. Le reste est prêté à long terme à des taux d’intérêt inférieurs à ceux du marché.
La BIRD emprunte sur le marché international des capitaux l’argent qu’elle va prêter à long terme (20-30 ans) aux pays en développement pour financer un certain nombre de projets visant à réduire la pauvreté dans ces pays (microcrédits, sensibilisation aux risques du Sida, scolarisation des filles, construction de barrages…).


II) POSITION DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES

Quelle a été leur influence sur la régulation des échanges internationaux ? Pourquoi sont-elles contestées ? Quel peut être leur rôle dans une gouvernance mondiale ?

A°) LES POLITIQUES DES INSTITUTIONS

Le développement des interventions du FMI et de la Banque mondiale ont accompagné la « crise de la dette », au début des années 80, quand de nombreux pays du Sud se sont révélés incapables de rembourser les emprunts contractés dans les décennies antérieures. Le raisonnement d’alors est simple : si la dette d’un pays devient un problème, c’est qu’il vit depuis trop longtemps au-dessus de ses moyens. La solution est donc de réduire à court terme ses dépenses, sa demande intérieure, afin de lui redonner les moyens de rembourser leurs créanciers. A long terme, il s’agit d’insérer ces économies dans le marché mondial en leur donnant une compétitivité afin de dégager un excédent commercial qui leur permette de rembourser leur dette.La Banque mondiale et le FMI tentent de coordonner l’action des banques centrales en mettant en place le « consensus de Washington », dont la teneur est résumée par John Williamson en dix commandements :

Austérité budgétaire : limiter les dépenses publiques pour éviter l’inflation et les déficits et l’effet boule de neige de la dette qui en résulte ;
Réforme fiscale : augmenter le nombre de contribuables, diminuer les taux élevés et généraliser la TVA. Les fiscalistes s'accordent à penser que les bons impôts se caractérisent par des bases larges et des taux faibles. Dans le Tiers-Monde c'est souvent l'inverse. ;
Politique monétaire orthodoxe : les taux d’intérêt réels doivent être positifs pour attirer les capitaux internationaux ;
Taux de change compétitifs : dévaluer la monnaie pour rendre les exportations attrayantes ;
Libéralisation : abaisser les barrières tarifaires commerciales (droits de douane) pour accentuer le commerce international et donner une totale liberté de mouvement aux capitaux internationaux ;
Compétitivité : attirer les investissements directs étrangers (IDE) pour financer le développement en leur garantissant une égalité des droits avec les investissements domestiques ;
Privatisation : vendre les actifs de l’Etat pour assainir les finances publiques et développer les entreprises privées, supposées mieux gérées ;
Réduction des subventions : supprimer les subventions agricoles, à la consommation, etc., et laisser le marché déterminer le « juste prix » des biens ;
Déréglementation : éliminer toutes les règles qui freinent l’initiative économique et la libre concurrence. L'élimination des barrières à l'entrée à pour but d'assurer une concurrence plus vive (source de bien-être pour le consommateur, d'innovation et donc de croissance et in fine de compétitivité pour l'économie nationale) ;
Droits de propriété : renforcer les droits de propriété pour promouvoir la création privée des richesses. Les spécialistes du développement sont unanimes à considérer que la sécurité juridique (existence d'un cadastre, respect de la propriété physique et intellectuelle assuré par un système judiciaire impartial,...) est une condition fondamentale pour le décollage économique.

Parallèlement, l’OMC semble être une institution chargée de mettre en place un marché mondial unifié
dans lequel s’appliquerait des normes de marché au détriment des politiques économiques étatiques


Ainsi, les négociations de Doha, qui devaient se terminer en 2003, portaient sur :
Le démantèlement des politiques agricoles, en particulier la PAC et la politique agricole américaine, en supprimant les droits de douane sur les produits agricoles et les subventions aux agriculteurs ;
L’ouverture des services à la concurrence ce qui remet en cause le monopole des services publics (la poste, le transport ferré, l’énergie mais aussi, plus tard, l’éducation, la santé...) ;


La fin des politiques sectorielles qui permet de protéger les industries dans l’enfance ou les secteurs menacés. Le textile est ainsi réintégré dans le droit commun (fin des accords Multifibres dans le textile, par exemple) ;
La définition de normes sociales et environnementales. Ainsi doit-on protéger les brevets des médicaments contre le sida sachant que ces produits sont inaccessibles aux populations du tiers monde ? Doit-on autoriser le libre commerce des OGM sachant qu’ils ont un pouvoir disséminateur important ?... La détermination des règles est confiée à des experts, qui deviennent donc très puissants. Un pays n’a donc plus le droit d’interdire les OGM ou le poulet nettoyé au chlore, même s’il veut appliquer le principe de précaution.


Cependant les positions et les actions de ses organisations sont contestées et nous allons voir dans quelles mesures.

B°) UNE POSITION ET DES ACTIONS CONTESTEES


1°) La critique des économistes

Tout d’abord, les politiques libérales prônées par le FMI et la BIRD ont été critiquées par des économistes, dont l’américain Joseph Stiglitz (« La Grande Désillusion » 2002). Elles ont été jugées contreproductives pour plusieurs raisons :
Le libre-échange a atteint ses limites. Les accords de Doha sont dans l’impasse en 2011 pour plusieurs raisons :
- D’une part, les Etats-Unis ne veulent plus consentir d’avantages commerciaux à ces pays qu'ils considèrent comme "émergés" et tout à fait capables de supporter une concurrence accrue en abaissant leurs tarifs douaniers au niveau de ceux des pays développés. Plus question de faire des cadeaux à la Chine quand sa part dans le commerce international est passée en dix ans de 4 % à 12 % ! Ils ont donc demandé depuis un an qu'en matière de produits électroniques, chimiques et mécaniques, les pays émergents suppriment pratiquement leurs droits de douane comme l'ont fait les pays développés.
D’autre part, les BRICS considèrent qu’ils ne sont pas encore développés et qu’ils doivent protéger leurs industries naissantes pour assurer leur développement et donner à leur population un niveau de vie décent. D’où un développement de mesures protectionnistes prises par la Chine et les pays d’Amérique-Latine. Ces derniers ont augmenté leurs droits de douane sur certains produits jusqu’au niveau de 35%, le maximum autorisé par l’OMC.
Enfin, les gains de l’extension du libre-échange sont minimes. Une étude de l'économiste Lionel Fontagné conduite dans le cadre du CEPII confirme que les Etats-Unis ne seraient pas les grands bénéficiaires d'une conclusion de cette négociation. Selon ses calculs, dans le meilleur des cas, la libéralisation des échanges qui en résulterait profiterait à la Chine - avec 36,4 milliards de dollars (27 milliards d'euros) de gains -, à l'Union européenne (30,7 milliards de dollars), au Japon (13 milliards), aux pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est, (Asean, 12,9 milliards).
D’où le développement d’accords bilatéraux (accords de libre-échange entre les Etats-Unis et le Chili, par exemple) ou de nouvelles zones de libre-échange (la Chine, la Corée du Sud et le Japon souhaitent entamer des négociations en 2012) qui remettent en cause le multilatéralisme et l’existence même de l’OMC.
Les politiques conjoncturelles ont freiné la croissance et entretenu l’inflation. Le couple dévaluation- austérité n’a pas donné les résultats escomptés. Les dévaluations ont eu pour conséquence une forte inflation importée, les importations étant plus chères. La suppression des subventions aux produits de première nécessité et aux services publics de base (eau, électricité...) s’est traduite par une forte hausse de ces prix, en particulier le prix des carburants. Cette inflation a entraînée une montée des taux d’intérêt et une baisse du pouvoir d’achat des salariés. La consommation et les investissements ont donc diminué ce qui a provoqué un ralentissement de la croissance, surtout pour les pays les plus pauvres.
Ce frein à la croissance de la demande s’est accompagné d’une hausse du chômage et de la pauvreté. La baisse des dépenses publiques a dégradé durablement les services publics des PED en matière d’éducation, de santé et de protection sociale. Ce sont les pauvres qui ont principalement subi cette dégradation (réapparition des épidémies qui étaient éradiquées, affaiblissement du système éducatif...) alors que les riches pouvaient envoyer leur capitaux et leurs enfants dans les pays développés pour qu’ils bénéficient de la meilleure éducation possible. D’où des grèves, des manifestations, voire des émeutes populaires (« les émeutes de la faim », le « mouvement des indignés »). Afin de restaurer le niveau d’emploi prévalant avant la crise et absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail à travers le monde, il serait nécessaire de combler un déficit d’emploi d’environ 64 millions. Avec un ralentissement économique mondial prévu dans le scénario de base et l’augmentation de la population active, ce déficit grimperait à 71 millions, dont 17 millions dans les pays développés. Si la tendance à une croissance économique faible se confirme dans ces pays, l’emploi ne retrouvera son niveau d’avant la crise bien après 2015. La persistance d’un chômage élevé empêche l’augmentation des salaires et de la consommation à travers le monde, et stimule celle du non-remboursement des crédits immobiliers aux Etats-Unis. Ces facteurs ainsi que la fragilité des secteurs financiers dans les pays développés grèvent les investissements et la confiance des entreprises, prévenant ainsi la reprise économique.
Les politiques structurelles visant à spécialiser les PED dans les produits primaires se sont révélées désastreuses. L’agriculture de ses pays s’est tournée vers des produits d’exportation (cacao, ananas, coton, arachide...) au détriment de productions vivrières destinées à nourrir leur population. Les PED ont dû importer les produits alimentaires et dépendre de plus en plus de l’agriculture des pays développés. De plus, la concurrence entre les produits d’exportation des PED a provoqué des excédents et une baisse des prix de ces produits. D’où une détérioration des termes de l’échange (DTE) puisque les prix des produits importés augmentaient plus vite que ceux des produits exportés. Cette baisse du pouvoir d’achat des exportations a aggravé le déficit de la balance courante et l’endettement des pays les plus pauvres.
Les politiques structurelles ont davantage profité aux FTN qu’aux pays en développement. Un secteur privé local faible, uniquement intéressé par le commerce au détriment de l’industrie, ou tout bonnement affairiste, a le plus souvent transformé les privatisations en exercice de redistribution des actifs nationaux entre les différents clients (nationaux ou étrangers) des pouvoirs en place. L’ouverture commerciale n’a pas été toujours synonyme de croissance. En pratique les seuls pays qui sont parvenus à marier insertion internationale et développement sont ceux où, comme en Asie, l’Etat a organisé le développement industriel, mariant conquête des marchés mondiaux et fermeture de leurs marchés intérieurs refusant en fait la libéralisation tous azimuts prônés par le FMI. Ainsi, la part des pays asiatiques dans le PIB mondial est passée de 4% à 22% entre 1975 et 2012.

Les pays du Sud ont donc freiné leur développement sans retrouver une véritable compétitivité ni régler le problème de leur detteLes organisations internationales se révèlent finalement être peu efficaces. Le FMI n’a pas été capable de prévenir les crises financières. La libéralisation des marchés de capitaux a accru la volatilité des cours et l’instabilité financière.

Les organisations internationales sont devenues moins nécessaires pour se procurer des capitaux. En effet, les PED ont pu trouver des capitaux soit sur les marchés financiers, soit en attirant des IDE sur leur territoire, soit en ayant une balance courante excédentaire (Chine, Brésil...), soit en se prêtant des capitaux entre eux (la Chine prête à l’Afrique, le Venezuela prête aux autres pays d’Amérique-Latine...). L’Argentine, le Brésil, le Mexique ont ainsi pu rembourser avant terme leurs dettes ce qui a privé le FMI de ressources pour ses interventions.Les organisations internationales ne sont pas démocratiques. D’une part, en imposant leurs plans, elles remettent en cause la souveraineté des Etats qui n’ont plus la liberté de définir leurs politiques.
D’autre part, ces organisations sont dirigées et contrôlées par les pays développés. Ainsi, au FMI, les États-Unis sont le contributeur principal du FMI, et possèdent ainsi 16,79 % des droits de vote. L'Union européenne possède 32,1 % des droits de vote. Les 10 premiers pays, qui représentent plus de 50 % du PIB mondial, ont la majorité des droits de vote alors que le FMI compte 185 pays membres. Selon une règle tacite, le directeur du FMI est un européen (l’Europe se choisit un candidat susceptible de recueillir l'approbation du conseil d’administration), alors que le président de la Banque mondiale est un américain. Résultat : le FMI condamne les déficits budgétaires excessifs des PED mais n’a jamais condamné le déficit budgétaire excessif des Etats-Unis ou de certains pays européens. Seule l'OMC est une instance démocratique puisque chaque pays a une voix.


b°)  La critique des pays en développement


Ensuite, les politiques libérales ont été contestées par les pays en développement qui ont tendance à se regrouper dans les enceintes internationales (ONU, OMC...) pour défendre leurs intérêts. La critique de ces pays porte sur plusieurs points :
Ces pays ont été incités à se spécialiser dans des secteurs où ils bénéficiaient d'avantages comparatifs
On a engendré leur dépendance par rapport à des indices boursiers de plus en plus volatils. Après une baisse des cours de leurs produits, ils ne peuvent plus payer leurs importations, dont la valeur a, elle, été parfois multipliée par cinq ou six. L'évolution encouragée par l'OMC a même transformé en importateurs des pays qui étaient autosuffisants.
L'accent mis sur le commerce international a, d'autre part, accru fortement la fragmentation du monde agricole : 85 % des producteurs travaillent sur des superficies inférieures à deux hectares, 0,5 % d'entre eux possèdent plus de 100 hectares. Miser fortement sur les exportations accroît cet écart. On privilégie les 0,5 % les plus riches et on marginalise les autres.
L'intensification des importations, qui devraient doubler entre 2000 et 2030, est en train de modifier les habitudes alimentaires. Des nations en développement sont confrontées à des épidémies de diabète, de cancers ou de maladies cardio-vasculaires sous l'effet de produits transformés contenant plus de graisses, de sel et de sucres.
Enfin, les pays les moins nantis sont les plus exposés à l'évolution du climat. Alors que la population mondiale pourrait atteindre 9,2 milliards d'individus en 2080, la faim pourrait menacer 600 millions de personnes supplémentaires en raison de la progression des zones arides ou semi-arides, du manque d'eau et des effets du réchauffement climatique, auquel contribue massivement le mode actuel de production.
Le protectionnisme des pays du Nord empêche le développement des pays du Sud. Ainsi, les subventions que les Etats-Unis et l’Europe donnent à leurs agriculteurs (350 milliards de dollars) pour qu’ils exportent leurs produits ruinent les agriculteurs du Tiers-Monde. 12 000 producteurs américains ont reçu, en 2002, près de 4 milliards de dollars de subventions leur permettant de vendre leur coton au-dessous du coût de production empêchant ainsi plus de 10 millions d'Africains, directement liés à la production de coton, de vivre de leur production. C’est la raison pour laquelle les pays du Sud ont fait échouer le sommet de Cancun de 2003 qui devait ouvrir une nouvelle phase dans l’ouverture des échanges internationaux.
Le règlement de la dette pèse sur le développement des pays les plus pauvres. Certains remboursent encore plus qu'ils ne reçoivent d'aide. La plupart des pays riches ont décidé d'effacer 100 % de leurs dettes bilatérales. Reste la partie due aux organismes multilatéraux, comme le FMI, la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement, puisqu'il s'agit essentiellement de pays de l'Afrique subsaharienne. Sur le principe, tout le monde semble d'accord. Rien ne va plus lorsqu'il s'agit de trouver les milliards de dollars nécessaires pour financer cet effort. En attendant, l’Argentine a décidé de ne rembourser aux créanciers qu’un quart de la valeur de sa dette et sa décision risque de faire école.
Le consensus n'existe pas davantage en matière d'aide au développement dont le niveau reste très inférieur au 0,7 % de PIB que les pays riches s'étaient engagés à y consacrer voilà trente-cinq ans. Certains pays, dont la France, ont entrepris de rattraper l'écart en augmentant progressivement la dotation de l'aide dans leur budget.

3°) La critique des altermondialistes

Enfin, face à cette mondialisation à marche forcée, un mouvement antimondialisation s’est constitué. Réunissant des associations de nombreux pays dans le monde (Attac, Greenpeace, Campesinos,...), il s’oppose à une mondialisation libérale au nom d’un certain nombre de principes :

La démocratie : les décisions prises par les grandes institutions internationales (OMC, FMI, Banque mondiale) ne seraient pas démocratiques puisqu’elles seraient prises par des technocrates internationaux qui n’ont pas reçu de mandat des peuples du monde.
Les cultures locales : la réglementation de marché doit être unique, ce qui supprime les spécificités culturelles locales (interdiction du fromage au lait cru, par exemple). D’où la lutte contre « la mal bouffe » et la revendication de « l’exception culturelle » (dans le domaine du cinéma, par exemple).
Le respect de l’environnement : les entreprises mondiales souhaitent une réglementation la plus souple en matière d’environnement (les firmes agro-alimentaires luttent ainsi pour la libéralisation totale des OGM). Le marché risque donc de remettre en cause le développement durable.
L’égalité : l’extension du marché mondial creuse les inégalités car les normes sociales sont alignées vers le bas et la concurrence élimine les petits producteurs. Si l'on se limite à comparer les PIB moyens par habitant de chaque pays, il s'avère que c'est un phénomène de divergence entre pays riches et pauvres que l'on observe entre 1980 et 2000. Cela manifesterait le fait que, dans l'économie mondialisée, les inégalités de revenus tiennent moins à l'appartenance à une classe sociale qu'au pays de naissance, selon la place que celui-ci occupe dans la chaîne mondiale de la production. Si on répartit la totalité de la population mondiale sur l'échelle des revenus. La divergence est alors encore plus forte. Ainsi, les bonus versés par Goldman Sachs équivalent aux revenus des 224 millions de Terriens les plus pauvres, et les revenus des 1 % de Terriens les plus riches à ceux des 4,275 milliards les plus pauvres.


L’OMC donne la priorité aux valeurs commerciales au détriment de toute autre valeur. L’OMC nuit au Tiers Monde. Les règles de l’OMC forcent les pays du Tiers Monde à ouvrir leurs marchés aux multinationales des pays riches et à abandonner leurs efforts pour protéger leurs industries domestiques naissantes. Dans l’agriculture, l’ouverture aux importations de l’étranger, qui s’imposeront bientôt aux pays en voie de développement, va provoquer le bouleversement social des populations rurales. Le tribunal commercial international règle inégalement les différends. Le système de règlement des différends consiste à faire condamner les pays qui ne suivent pas les règles à la lettre. Un comité d’experts est nommé à cet effet au cas par cas. Il délibère en secret et n’a pas l’obligation de publier ses délibérations. Les verdicts de l’OMC ont imposé, entre autre, l’abrogation des accords préférentiels sur la banane de l’Union Européenne avec les pays ACP (Afrique- Caraïbes Pacifique) en vertu des accords de Lomé, et décrété illégale, en mai 1999, l’interdiction européenne de la viande aux hormones. Suite à ce verdict l’administration US a été autorisée à surtaxer un certain nombre de produits européens à hauteur de 114 millions de dollars pour « compenser » le dommage commercial subi par les exportateurs de viande aux hormones.


CONCLUSION

Lorsque les conditions optimales sont réunies et que le dosage des interventions publiques est adapté, la libéralisation du commerce peut être un outil efficace de lutte contre la pauvreté et les inégalités de revenus et, partant, favoriser une croissance inclusive. Si certaines micro-études démentent cette analyse, force est de constater que la libéralisation du commerce a eu un impact globalement favorable sur la croissance et le développement économique pendant tout le XXème siècle. Le système commercial multilatéral, sous la conduite de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), saura-t-il faire face aux enjeux qui se font jour en ce début de XXIème siècle ?




C'est un peu long comme développement mais cela donne une idée générale de ce qu'il faut retenir.

sandrine

Messages : 5
Date d'inscription : 15/02/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: question 59 décrivez le rôle et la position des institutions internationales dans la libéralisation du commerce mondial

Message par JULIE T le Lun 22 Fév - 11:12

Les 7 minutes de présentation orale vont être difficile à respecter ;-)

JULIE T

Messages : 5
Date d'inscription : 21/02/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

c'est pas faux

Message par sandrine le Lun 22 Fév - 14:01

C'est pas faux Julie mais le but ce n'est pas de tout ressortir tel que parce que je serais incapable de tout retenir de toute façon mais au moins il y aura de quoi tenir 7 min...lol

sandrine

Messages : 5
Date d'inscription : 15/02/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: question 59 décrivez le rôle et la position des institutions internationales dans la libéralisation du commerce mondial

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum