Sujet 19 : Comment le PNB généré rend il compte des orientations privilégiées par les banques ?

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Sujet 19 : Comment le PNB généré rend il compte des orientations privilégiées par les banques ?

Message par Mathieu Buzon le Mar 23 Fév - 21:07

Introduction : La banque est un agente au cœur de l'économie qui comme toutes entreprises émet des documents comptables retraçant son activité et son patrimoine sur une période donnée. L'indicateur phare pour le secteur bancaire est le Produit Net Bancaire. On peut l'assimiler à la valeur ajoutée des autres entreprises puisque c'est une marge issue de l'exploitation.
Historiquement le PNB était en très grande majorité composé de la marge sur les dépôts et crédit, appelés marge d'intermédiation. Depuis la loi bancaire de 1984 et l'ouverture à la concurrence des marchés financiers, cette marge cesse de diminuer. Pour continuer à se développer dans cet environnement de plus en plus réglementé et évolutifs, les établissements bancaires ont dû trouver de nouveaux leviers de PNB.
Dans une première partie nous définirons le PNB puis dans une seconde partie nous verrons en quoi il retrace les orientations stratégiques prises par les banques.


I) Le PNB


On peut distinguer deux types de PNB, le PNB d'activité commerciale et le PNB pour compte prore.

A) Le PNB d'activité commerciale.

Le PNB issu de l'activité commerciale est la résultante de ses activités de cœur de métier. On distingue trois activités dominantes :
le crédit
la collecte
les services et la facturation

1- Le crédit : Il génère une rémunération plus ou moins régulière des capitaux prêtés via le taux d'intérêt, mais aussi une facturation à l'acte (frais de dossier, réaménagement, remboursement anticipé)
2- La collecte : Elle peut se subdiviser en collecte de bilan et de hors bilan. La banque rémunère les capitaux déposés par ses clients en fonction de l'échéance ( Court, Moyen, Long Terme).
Cette collecte est en partie réglementée par l'Etat qui en fixe les modalités de rémunération, de disponibilité et de montant. Certains capitaux déposés (Livret A, LDD et LEP) sont en partie remontés à la Caisse des dépôts et consignations (changement de nom en cours pour Caisse des dépôts et du développement durable) et font l'objet de versements de rétrocommissions.
Elle collecte aussi pour le compte de filiales ( assurance vie, asset management). Cette commercialisation lui permet la perception de rétrocommissions. Ces rétrocommissions peuvent être régulière et portent sur le stock d'encours et/ou à l'acte (droits d'entrées sur assurance vie, frais d'arbitrage, frais de garde).
3- Les services et la facturation. Les services proposés font l'objet d'une facturation aux clients. On distingue les facture positives (Cartes, offre groupée) et négatives liées à un fonctionnement en anomalie des comptes (commissions d'intervention, frais de rejet de chèque ou de prélèvement)

B) Le PNB pour compte propre.

Il est issu des activités que la banque réalise avec ses propres fonds. Il est composé des pertes et des gains sur la opérations de portefeuilles. Ce produit est aussi alimenté par les dividendes perçues au titre des participations prises et des remontées de résultat.
De part sa nature risquée et afin de ne pas impacter son cœur de métier et donc l'économie, le législateur à fait en sorte de fortement réglementer cette activité. Afin de limiter les risques d'insolvabilité et d'illiquidité, les pouvoirs publiques imposent aux banques de respecter de nouveaux ratios. Ces derniers obligent les banques à classer leurs fonds sur des supports liquides et donc à moindre rendement. A titre d'exemple : Mise en place du Liquidity Couverage Ratio, ratio de liquidité à 30 jours.

Ce sont tous les métiers de la banque qui contribuent à ce PNB (activité+compte propre), de la Banque de Détail, à la Banque d'Investissements ou encore la Banque Privée.

Transition : La déréglementation des années80 a bouleversé les équilibres entre marge d'intermédiation et les commissions/facturations passant de 80%-20% à une quasi parité. En analysant les composants du PNB dans le détail on peut observer les orientations privilégiées des banques.


II) Les stratégies de développements du PNB dans un environnement contraignant.

A) Le PNB dépend de l'environnement.

Le milieu bancaire, étant central et vital pour l'économie, est particulièrement observé et régulé.
En effet au fil des textes encadrant l'activité bancaire, le législateur a réglementé et donc limiter les sources de rendements.
Sur la partie crédit, il y a eu la mise en place du taux d'usure et son actualisation ou encore la commission de surendettement.
Pour les dépôts, la plus part des supports d'épargnes ont une rémunération fixée par l'Etat. Cette décision est souvent plus politique qu'économique. Exemple : Maintien du taux du livret A à 0,75% alors que la méthode de calcul voudrait un 0,50%. Cette décision est lourde de conséquences pour les banques car elle accentue le coût de la collecte qui est déconnecté de la réalité économique.
Pour les commissions et facturations. La réglementation s'est particulièrement penchée sur cette partie car elle est la plus récente. Afin de limiter certains abus et pour protéger les utilisateurs, les pouvoirs publiques ont limité certains tarifs. Par exemple : Plafonnement des commissions d'intervention, Loi Moscovici sur l'obligation d'informer avant de facture en lassant un délai avant la prise des frais, limitation des frais sur les rejets de chèques...

La concurrence via dans un premier temps le Passeport Européen (1986) et de nouveaux entrants sur le marché ( Pure Payer -banque en ligne-, Télécom, Géant de l'internet) ont fait et continue de faire baisser le PNB commerciale des banques traditionnelles.

B) Les stratégies misent en place.

La déréglementation n'a pas été que contraintes. En effet les banques ont pu avoir accès à de nouveaux métiers et donc on pu diversifier leurs sources de revenus. Elles ont pu proposer de nouveaux services comme les OPCVM qui pour une fois était une solution d'épargne différente d'un établissement à un autre.
Un deuxième levier de croissance a été la commercialisation de produits d'assurances ( Vie ou biens et personnes)
Ce sont des activités de PSC et PSI qui ont comme intérêt notamment la régularité des revenus générés.

Face à la concurrence et une clientèle de plus en plus volatile, avertie et connectée, les banques traditionnelles ont dû développer le mutlicanal. Le but étant de proposer des solutions adaptées à n'importe quel moment et à toutes les typologies de clientèle. Cela permet d'augmenter la puissance de frappe commerciale ( Centre de relation client ou encore site internet). Les banques ont aussi poussé à la servuction et ont crées des banques en ligne ( Hello Bank, Fortunéo)

La stratégie générale porte le développement de la part des commissions et des facturations qui ce sont des revenus jugés plus récurrents et stables ( ex : Commercialisation de la téléphonie mobile)

La baisse de la marge d'intermédiation peut également traduire une stratégie commerciale de conquête. Le crédit est un produit d'appel, rogner les marges permet de capter de nouveaux clients. Pour être rentable il faut cependant associé le prêt à des services complémentaires comme l'assurance du prêt, les flux, l'assurance habitation, offre de services groupées). Au delà de cet aspect le crédit est un produit à priori fidélisant.

La part de PNB issu des activités pour compte propre est de plus en plus important notamment pour les groupes à dimension internationale (BNP Paribas, Société Générale). Cependant cette source de revenus est extrêmement volatile et dépend des marchés financiers. Elle peut donc générer de très forts gains comme de fortes pertes.


Conclusion : Le PNB est l'élément de comparaison du secteur bancaire. En effet il retrace l'activité d'une banque au travers de la marge d'intermédiation et de la facture de commissions aux clients. Mais aussi de l'ensemble des activités que la banque réalise pour son propre compte.
Ma répartition de ces masses dans le PNB dépend de l'environnement à la réglementaire et conjoncturel mais aussi des stratégies misent en place par les établissements.
L'accroissement du PNB passe inévitablement par l'augmentation des stockes de crédits et dépôts et de produits mais surtout par une excellente formation des collaborateurs. La mise en place d'une réelle culture PNB basée sur un socle exigeant de compétences mais aussi sur la qualité du conseil sont les garants de la pérennité de l'entreprise banque.

Mathieu Buzon

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Date d'inscription : 23/02/2016

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