QUESTION 35: SELON VOUS, EST IL SOUHAITABLE DE RECHERCHER UN ABAISSEMENT DU POINT MORT?

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QUESTION 35: SELON VOUS, EST IL SOUHAITABLE DE RECHERCHER UN ABAISSEMENT DU POINT MORT?

Message par Mathieu Buzon le Ven 26 Fév - 10:25

La pérennité d’une entreprise passe par la recherche de la rentabilité afin de permettre de nouveau investissement, de distribuer des dividendes aux actionnaires, de rémunérer les salariés…. Le seuil de rentabilité ou le point mort, deux notions très proches, sont ainsi souvent calculées par le dirigeant lors de lancement de nouvelles activités, ou lors de projet d’investissement afin de déterminer l’intérêt de ces derniers.
Le seuil de rentabilité se définit comme le CA nécessaire pour couvrir les charges de l’entreprise, ou encore comme le niveau d’activité à partir duquel l’ensemble des produits couvre l’ensemble des charges pour dégager un résultat. On parle de charges fixes concernant les charges incompressibles ( salaires, loyers…) et de charges variables lorsqu’elles concernent l’activité ( interim, sous traitance, commissions..). A noter que plus les charges sont variables plus le seuil de rentabilité est bas.
Le point mort quant à lui se définit en jours, et correspond au moment de l’année ou le chiffre d’affaire permet de couvrir l’ensemble des charges. Il se calcule de la manière suivante:
-Charges fixes/ taux de marges sur couts variables.
-Le taux de marge sur cout variable représentant la marge sur cout variable / CA
-Et la marge sur cout variable étant elle-même calculée par différence entre le CA et les charges variables.
Cette définition permet de vérifier la constatation selon laquelle plus le dénominateur, soit le taux sur marge variable est petit plus le point mort est bas. ( 200/0.5 > 200/1).
Dès lors, on comprend que la quête d’un point mort bas est essentiel pour tout chef d’entreprise, qui va tenter d’obtenir la meilleure rentabilité possible de sa société, et que l’arbitrage entre charges fixes et charges variables aura un impact immédiat.
En d’autre termes, si la recherche de l’abaissement du point mort offre un réel intérêt (I), nous verrons dans un second point qu’il, existe également des limites (II).

I. les intérêts de la recherche d’un point mort bas

A. les leviers a actionner

Nous l’avons vu précédemment, l’abaissement du point mort de part sa formule de calcul passe soit, par une baisse des charges fixes au bénéfice des charges variables. L’exemple étant l’embauche de salarié en interim ou le recours à la sous-traitance, ainsi que la location de machine plutôt que l’acquisition de ces dernières.
Ces opérations permettent de transformer des charges habituellement fixes en charges variables, ou d’optimiser les moyens en traquant les charges fixes à « variabiliser », l’exemple étant de favoriser la commission par rapport au fixe dans les éléments de salaires.

La deuxième possibilité de baisse du point mort passe par l’augmentation du CA. En effet, si les charges fixes sont immuables, la solution sera d’augmenter le CA sans augmenter ces charges. Ce dernier moyen est plus difficile à mettre en œuvre car nécessite une augmentation de la productivité ou de la commercialisation

B. rentabilité, compétitivité et flexibilité accrues

La baisse du point mort permet dès lors à la société de retrouver une meilleure rentabilité permettant d’envisager des investissements. Conséquence, qui lui permettra de se positionner sur son marché en rassurant le banquier et l’investisseur.
Par ailleurs, la faiblesse des charges fixes permet également à l’entreprise de s’adapter plus vite aux retournements de conjoncture, par exemple lorsqu’un produit est en fin de cycle.
Enfin, la baisse des charges fixes est souvent synonyme de flexibilité dans l’emploi, car dans ce cas la part belle est faite à la sous traitance ou à l’interim. Cette notion est fortement utilisé dans l’automobile et permet de s’adapter à un marche très fluctuant.
Cependant certaines activités de part leurs particularités intrinsèques ne pourront pas réagir de la même manière et les entreprises ne peuvent pas abaisser sans conséquences leur point mort.

II. Les limites de l’abaissement du point mort: la pérennité de l’entreprise

Nous l’avons vu, l’entreprise est une unité composé de salariés, de compétences, de savoir faire, sorte d’unité sociale. Dès lors si la recherche d’un point mort au plus bas est une recherche vertueuse elle ne doit pas s’opérer à tout prix.

A. le maintien de la qualité et des savoirs faire

Le fait d’avoir recours à la sous-traitance, pour utile qu’elle soit, à savoir, le fait de faire faire par une autre entreprise une tâche que l’on ne peut ou que l’on ne souhaite pas effectuer peut présenter un risque pour l‘entreprise. Si cette tâche ne présente pas d’intérêt stratégique pour l’entreprise ou ne nécessite pas que cette dernière mette à la disposition d’une autre entreprise un savoir faire spécifique, cette opération peut être bénéfique. A l’inverse l’opération peut présenter un risque de « récupération » d’un savoir faire. L’externalisation de fonction clé, du business présente toujours un risque fort.
Par ailleurs, le fait de confier une tâche à sous traitant peut présenter un risque de malfaçon ou de « malqualité » qui sera néfaste à l’image de l’entreprise et qui risque de lui faire perdre du CA.

Ces risques listés, il n’en reste pas moins vrai que l’entreprise ce définit également comme une société d’individus.


B. le maintien de la paix sociale

Le fait du recours massifs à la sous-traitance ou a l’interim peut créé un climat difficile dans l’entreprise. La stabilité des effectifs tant en nombre quant personne permet de maintenir un sentiment d’appartenance à un groupe.
De même que le recours à la commission variable au plan de la rémunération peut démotiver des salariés compétents ou au contraire en motiver d’autres.

Dans une société composée d’individus, l’équilibre est toujours délicat à préserver et l’absence de conflits sociaux est important pour le maintien et le développement de la productivité et in fine de la rentabilité.


Conclusion

Comme nous l’avons vu, la recherche d’un point mort aussi bas que possible est un atout majeur pour l’entreprise qui pourra asseoir sa pérennité et se développer. Mais l’entreprise doit rester maitre de ses techniques et savoir faire pour éviter une trop grande dépendance vis-à-vis de tiers. La recherche de rentabilité ne doit se faire au détriment de la clientèle ni des salariés qui sont des acteurs majeurs. A ce titre, les réformes en cours sur la flexibilité du travail, avec la modification des contrats CDI et CDD, engendreront certainement des changements.

Nathalie

Mathieu Buzon

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