QUESTION 56

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QUESTION 56

Message par Nathalie Guervilly le Mar 16 Fév - 16:44

Q56 : Quel est l’impact de l’investissement sur la croissance ?


Introduction :

L’investissement est un élément central de la croissance économique puisque il est le 2ème contributeur du Produit Intérieur Brut.
Les entreprises, au cœur de cette économie, ont principalement besoin de deux éléments pour produire : le capital et le travail. L’investissement joue ainsi sur le volume du Capital et est aussi  appelé  Formation Brute de Capital Fixe FBCF
Il apparait comme une donnée fondamentale de l’activité économique puisqu’il rend plus efficace le travail humain.
Il revêt plusieurs formes : matériel (machines, véhicules …) immatériels (publicité, formation, développement) , il peut être productif(outil de production…) ou non productif (les biens et services d’utilité publiques tels les écoles, les hôpitaux… ). Il peut également être réalisé sur le territoire national mais également à l’étranger sous forme d’Investissement Direct à l’Etranger.
Il s’agit d’une dépense immédiate qui a pour but de modifier le cycle d’exploitation de l’entreprise. Cette dépense immédiate permet d’économiser des coûts et de dégager des recettes. Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain.
Nous détaillons en première partie en quoi l’Investissement est un contributeur économique, et nous verrons ainsi en seconde partie quels sont les conditions nécessaires à l’investissement.

I. En quoi l’investissement est un contributeur économique.

A. L’investissement agit sur l’Offre
1. Le fait de différents agents économiques
La FBCF comprend l’investissement de l’ensemble des agents économiques résidents : les entreprises non financières, les ménages (les investissements des ménages au sens de l’INSEE ne concernent que l’achat de logements, leurs autres achats relèvent de la consommation finale), les APU Administrations Publiques Locales (équipements collectifs tels qu’écoles, armement…).
2. Augmentation de l’Offre
L’investissement matériel va permettre à l’entreprise de disposer de plus de capital fixe donc de produire plus. L’investissement d’expansion ou de capacité va augmenter la production de l’entreprise et ainsi l’offre de produits sur les marchés.
L’investissement immatériel, notamment en Recherche et Développement permet la création de nouveaux produits (nouvelles technologies, nouveaux matériaux).Ces innovations de produits entrainent une production nouvelle et augmentent ainsi l’offre de produits ou services sur le marché.
L’Investissement est ainsi vecteur de progrès technique, source de croissance économique.

3. Amélioration de l’Offre
L’investissement de productivité ou de rationalisation permet d’accroître l’efficacité du travail humain. Les gains de productivité permettent de produire plus mais aussi de réduire les coûts de production et les délais. Cela permet d’augmenter la compétitivité prix de l’entreprise, d’augmenter les parts de marché.
L’investissement public quant à lui permet d’améliorer l’environnement favorable à l’offre : infrastructures routières, éducation, recherche fondamentale.


B. L’investissement agit sur la Demande
1. Le cercle vertueux de Keynes
Selon Keynes « c’est la demande anticipée qui est fondamentale »
La relance par l’investissement engendre un cercle vertueux de la croissance : l’augmentation de la production permet une augmentation des revenus qui permet une augmentation de la Demande.
La production est distributrice de revenus or il ne peut y avoir de production sans Investissement.
2. L’effet multiplicateur
Une augmentation de l’investissement entraine une variation amplifiée du revenu national en provoquant des ondes successives de revenus et de dépenses.
Le principe du multiplicateur keynésien repose sur un effet de revenu : la dépense d’un agent engendre un revenu pour un autre agent qui va lui-même dépenser…
Le supplément de revenu peut être soit consommé soit épargné et c’est cette répartition, par l’intermédiaire de la propension marginale à consommer, qui détermine le niveau du multiplicateur d’investissement.
Un investissement initial a des effets plus que proportionnel sur l’activité économique.
3. L’effet accélérateur
Les variations de la Demande exercent un effet amplificateur sur celles de l’investissement
Le principe de l’accélérateur repose sur l’existance d’un effet de capacité. S’il existe une liaison stable entre le niveau de demande nécessaire, alors toute hausse de la demande entraine une augmentation de l’investissement.

Transition :

Investir c’est faire un pari sur l’avenir : les décisions prises n’ayant souvent des effets que plusieurs mois, voire plusieurs années après. L’entrepreneur est donc particulièrement attentif à tous les paramètres pouvant en assurer la réussite.
II. Les conditions de réalisation de l’Investissement
A. Les déterminants de l’Investissement
1. Le climat des affaires
Le climat de confiance ou de méfiance en l’avenir dans lequel évoluent les entrepreneurs est déterminant. Bien qu’assez peu rationnelle, cette variable pèse souvent lourd. On comprend ainsi l’acharnement que mettent les différents gouvernements à convaincre les entrepreneurs que la conjoncture leur sera favorable et qu’ils peuvent avoir confiance.
2. Les facteurs financiers
Le rendement attendu de l’investissement sera primordial pour décider l’entrepreneur à investir. Les entreprises décident d’investir en fonction du taux de profit qu’elles estiment pouvoir obtenir de ces investissements.
Ensuite, Il ne suffit pas de décider d’investir, il faut également en avoir les moyens.
L’entreprise peut utiliser ses fonds propres, par autofinancement ou par  augmentation de capital. Cela suppose d’avoir réalisé des profits ou d’être capable de lever des fonds supplémentaires.
L’entreprise peut financer l’investissement par l’emprunt. Le taux d’intérêt représente alors le coût de l’emprunt. Lorsque le taux de profit attendu est supérieur au taux d’intérêt, la rentabilité sera accrue par un effet de levier. Le niveau des taux d’intérêts est ainsi un facteur déterminant de l’Investissement.
3. Les facteurs techniques
Le coût des facteurs de production favorise l’investissement.
Le taux d’utilisation des capacités de production est un indicateur fiable de l’état sur la santé de l’économie. Il permet d’anticiper l’évolution de l’investissement. On considère qu’une machine peut travailler 85% de son temps. En 2014,  le TUC était de 80%





B. Les limites de la politique d’Investissement

1. Le chômage
La question des effets de l’investissement sur l’emploi est très controversée. Les conséquences dépendent essentiellement du type d’investissement réalisé. Dans le cadre d’un investissement de capacité, l’emploi a toutes les chances de progresser , la question est plus délicate pour l’investissement de productivité.
Ces dernières années la destination géographique des investissements n’a pas forcément profité aux pays investisseurs.
2. L’ouverture de l’économie à l’international
L’ouverture des économies conduit à ce que les entreprises réalisent une partie de leurs investissement à l’étranger .On parle d’Investissement Directe à l’étranger lorsqu’un investisseur acquiert plus de 10% du capital social d’une entreprise. En deçà on parle d’investissement de Portefeuille.
La politique préconisée par Keynes est plus efficace en économie fermée. Lorsque les pays échangent librement, il est possible que la Demande se reporte sur les biens étrangers. Dans ce cas, les importations augmentent et le multiplicateur ne produit plus les effets escomptés.
3. l’Inflation et L’Epargne
La politique monétaire qui consiste à baisser le taux d’intérêt pour favoriser l’épargne et donc l’investissement peut engendrer une accélération de l’inflation .Si la quantité de monnaie augmente, les prix augmentent.
Pour que l’effet multiplicateur fonctionne il faut que le revenu soit alloué à la consommation. Si c’est le niveau de l’épargne qui augmente, cela réduit la demande adressée aux entreprises et brise le cercle vertueux de la croissance.


CONCLUSION :
L’investissement est un élément central de la croissance, en étant au cœur de l’offre et de la demande.
En 2015, la comptabilité nationale fait ressortir une variation quasi nulle du FBCF ( -0,1%)
C’est la raison pour laquelle, les banquiers centraux cherchent à le relancer aujourd’hui : C’est l’effet recherché du QE Quantitative Easing entamé par la BCE. Celle-ci rachète de la dette publique et prévoit ainsi d’injecter 1 140 milliards d’euros en 18 mois de mars 2015 à fin septembre 2016 .
Avec l’importance aujourd’hui de convertir les entreprises au numérique, l’investissement est au cœur des préoccupations des agents économiques

Nathalie Guervilly

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Date d'inscription : 16/02/2016

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