Question 14 : Qu’entend t-on par risque systémique et pourquoi ce risque est- il d’une grave portée pour l’équilibre économique?

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Question 14 : Qu’entend t-on par risque systémique et pourquoi ce risque est- il d’une grave portée pour l’équilibre économique?

Message par sandrine le Lun 15 Fév - 18:52

Tout le système financier mondial repose sur un principe fondamental : l’interdépendance. Ceci n’est pas sans conséquence sur  l’économie mondiale et son développement. Lors de la survenance d’une crise bancaire mondiale, la défaillance d’un établissement peut proposer la contagion sur tous les autres.On peut donc en déduire que le risque systémique est un enjeu par essence internationale ce sens que c’est un risque qui peut mettre en danger tout le système financier. Il est toujours difficile de mesurer in exacto un risque systémique; en général on sait que s’en ai un lorsqu’il est trop tard. Le premier défi est de s’accorder sur la définition du risque systémique , ensuite nous verrons en quoi celui-ci peut engendrer des graves conséquences pour l’équilibre économique.

I) QU’EST-CE QU’UN RISQUE SYSTEMIQUE

Définir les risques systémiques ne suffit pas à en comprendre le mécanisme, il faudra aussi en déterminer les sources.

A) DEFINITIONS

Après avoir qualifier le risque on verra aussi les critères déterminés pour l’identifier

1° ) QUALIFICATION DU RISQUE

A défaut d’une définition académique largement reconnue, les différentes enceintes internationales ont travaillé à une définition commune: » la crise systémique est une rupture dans le fonctionnement des services financiers causés par la dégradation de tout ou partie du système financier et ayant un impact négatif généralisé sur l’économie réelle. Le risque systémique est donc le risque de matérialisation de cette rupture dans le fonctionnement des services financiers susceptible d’affecter l’ensemble du secteur ainsi que l’économie réelle.
La faillite d’un établissement financier , au de la de l’impact direct qu’elle a sur ces actionnaires et ses créanciers peut fragiliser les autres institutions financières en raison de ses interconnexions.  

Prévenir le risque cela suppose de pouvoir l’identifier. Pour cela plusieurs  critères ont été retenus pour définir notamment des SIFi, c’est à dire des organismes présentant un risque systémique ( too big too fail.)

2) CRITERE D’IDENTIFICATION DU RISQUE

-taille de l’établissement financier au sens économique et non au sens comptable du terme c’est à dire en tenant compte des expositions au risque tant au bilan que hors bilan
-degré d’interconnexion avec d’autres institutions financières: on regardera les prêts aux institutions financières , la détention de titres émis par d’autres institutions, la valeur de marché
-degré de concentration du marché et notamment la capacité de substitution d’un secteur financier par un autre établissement. Dans quelles mesures le système financier global est dépendant des prestations fournies par un établissement en particulier.
-l’activité internationale: la gestion du risque est différente selon que l’entité fragilisée à un actif et un passif transfrontalier.
complexités des activités: plus la valeur des actifs d’un établissement est difficile à calculer, plus le risque d’asymétrie est grand, plus l’instabilité du système financier est élevé.

Définir le risque et le prévenir c’est aussi savoir en identifier les sources.

B) LES SOURCES

Trois activités ont été caractérisées comme étant des activités systémiques

1) ACTIVITES DE CREDIT

La capacité de transformation est l’essence même des activités des banques. Le principe c’est détenir des actifs plus longs que les passifs. En cas de défiance dans les banques , les retraits massifs de dépôts peuvent entrainer des risques de liquidités.
Par la titrisation, les banques ont les moyens de transformer des créances douteuses et de les injecter sur le marché sans possibilité de transparence. Dès lors , en cas de défaillance des créanciers, les titres se retrouvent dans le bila des banques , infestant tout le système. C’est ce qui s’est passé avec la crise des Subprimes.
l’essor des activités de crédits en dehors du périmètre de supervision bancaire représente aujourd’hui un réel risque sur l’économie. La finance de l’ombre ou shadow banking prennent le risque de liquidité sans possibilité de refinancement par les banques centrales.

2) ACTIVITE D’ASSURANCE

Les assureurs sont le principaux acheteurs d’obligations d’état. Ils sont exposés au risque de taux. En cas de baisse prolongée des taux, les rendements servis aux assurés s’amenuisent ou inversement lorsqu’une brusque remontée peut entrainer des moins values. Pour remplir leurs engagements vis à vis des assurés ils soldent leur portefeuille d’actifs au prix de moins values et parviennent difficilement à couvrir leurs exigences de marge. Ce qui peut entrainer une défiance des assurés avec des retraits massifs. Il est toutefois à noter qu’il existe moins d’interdépendance entre les différentes compagnies d’assurances que celles qui existent entre les établissements bancaires.

3) ACTIVITES DE MARCHE

Le risque survient en cas de disparition brutale de liquidité d’instruments financiers plongeant les entités qui les détiennent dans une spirale dangereuse de pertes et de difficultés refinancement: dès lors que ses positions deviennent illiquides, une institution financière peut se retrouver dans l’incapacité de faire face à ses passifs exigibles à court terme sauf à céder ses positions à pertes et au risque de dégrader ses conditions de refinancement.

Le risque ayant étant ainsi défini il convient de voir quelles sont le conséquences sur l’économie mondiale.

II) CONSEQUENCES SUR L’ECONOMIE MONDIALE

Le risque majeur est celui de la contagion mais nous verrons que des mesures ont été prises après la crise de 2008 pour prévenir ce risque majeur.

A) UN RISQUE DE CONTAGION:

La crise de 2008 a été l’exemple même de c’est qu’est un risque systémique car on cherchant à localiser qui détenait des titres Subprime, les marchés ont cherchés à localiser les pertes et surtout ou se trouvaient les créances douteuses. Ce qui a conduit à une crise de liquidité. Les Etablissements ne se prêtent plus de fond , ne sachant pas qui est solide et ne l’ai pas, La faillite d’un Etablissement entraine les autres dans son sillons. Car les établissements détiennent des créances des autres établissements, celles si s’éteignait, cela cru un déséquilibre financier. Parallèlement, on peut assister à un retrait de dépôt massif des clients devenus suspicieux. S’il n’y a plus de dépôts, les banques ne peuvent plus jouer leur rôle de préteur, sans crédit, pas de consommation, paralysie de l’économie . On assiste ainsi à un crédit crunch. Les banques ne jouent plus leur rôle d’intermédiation, les spreads s’envolent . En réction, les matières premières servent de valeur refuge au marchés. L’industrie mondiale étant fortement financiarisée, elle est donc très dépendante des marchés. On assiste donc à une forte réduction des profitabilité et donc à des retraits massifs de capitaux étrangers.

Pour éviter la survenance de ce risque systémique, des mesures de prévention ont été prises.

B) PREVENIR LE RISQUE.

De nouvelles obligations règlementaires ont été mises en place afin de prévenir le risque systémique et de nouveaux organes de contrôles sont nés.

1° NOUVELLES OBLIGATIONS REGLEMENTAIRES

recommandations de BALE III
Des règles prudentielles ont été fixées et un volant de conservation et volant anticyclique ont été ajoutés aux exigences de fonds propres.
Dorénavant les SIFIs  font l’objet d’une surveillance particulières. Des règles de liquidités ont été introduites.
Ratio de SOLVABILITÉ : les ratios de solvabilité rapportent les capitaux propres à la somme des risques pondérés enregistrés au bilan. Il s’agit en gros de s’assurer que la banque est capable de faire face à une baisse de valeur de ses actifs ou à des demandes de retrait de fonds de la part de ses clients. Le ratio le plus regardé actuellement est le core tier one (qui ne compte que les fonds propres au sens strict) avec un taux visé de 9 %.

Ratio de LIQUIDITÉ : les ratios de liquidité assurent du refinancement des banques. Il existera deux ratios : le LCR pour le court terme (capacité d’affronter une crise de refinancement à un mois grâce à un coussin de liquidités) et le NSFR pour le moyen terme (le besoin de refinancement à un an doit être inférieur aux ressources).

Ratio de LEVIER : Ce ratio représente le rapport entre les capitaux des banques et l'ensemble de leurs actifs, sans prise en compte du risque, et s'ajoute aux règles pondérées du risque. Il a été fixé à 3%, ce qui signifie qu'à partir de 2018, chaque banque devrait détenir des capitaux représentant 3% de l'ensemble de ses actifs.

L’organisation de stress tests dans le cadre Européen avec le MSU depuis Novembre 2014.

Un test de résistance bancaire, ou « stress test », est un exercice consistant à simuler des conditions économiques et financières extrêmes mais plausibles afin d’en étudier les conséquences sur les banques et de mesurer leur capacité de résistance à de telles situations. Ces tests sont menés par les banques centrales.

séparation des activités
Dorénavant, il est interdit aux banques de dépôts d’exercer certaines activités à risque pour compte propre.

Pour veiller au respect des règles prudentielles de nouveaux organes ont vus le jour et la  supervision des autres s’est accrue.

2) DE NOUVEAUX ORGANES DE CONTROLES

La BCE s’est vue chargée d’une mission de supervision. Le SESF qui regroupe le CERS composé de l’ABE ( autorité bancaire européenne) , l’autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles et l’autorité des marchés financiers.
Il existe maintenant une supervision macro économique: le CERS émet des alertes rapides en cas d’intensification du risque systémique. Les autorités européenne quant à elle exercent une activité de supervision micro économique en travaillant avec les autorités nationales de supervision existantes. Elles favorisent la communication, et l’harmonisation.


CONCLUSION

L’union bancaire et le système européenne de surveillance financière constituent des avancées indéniables en matière de prévention et de gestion des risques systémiques. Seront-elles suffisantes à prévenir toute crise financière ? La régulation est utile cette mais il y a lieu de s’interroger sur ses travers qu’elle peut avoir à postériori.

sandrine

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Date d'inscription : 15/02/2016

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